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Aujourd’hui, les gouvernements tentent de plus en plus de lutter contre la déforestation importée. Mais de quoi s’agit-il et comment réduire ce phénomène ? Retour sur cet enjeu de taille pour l’environnement et la biodiversité.

03/03/2022 - Hélène de Reforest'Action


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Forêt - déforestation importée - Europe - régulations

La forêt nous offre de nombreux services, essentiels à la vie sur terre des êtres vivants. Malheureusement, de nombreuses activités comme l’agriculture et l’urbanisation contribuent aujourd’hui à sa mise en danger. Parmi eux, la déforestation importée, responsable chaque année de la perte de millions d’hectares de couvert forestier

Déforestation importée

La déforestation importée désigne l’importation de bien forestiers ou agricoles produits de manière non durable : soja, notamment destiné à alimenter les animaux d’élevage, huile de palme, cacao, café, bois ou encore produits dérivés comme le cuir ou l’ameublement. 

agriculture intensive

En France, la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation a été adoptée en novembre 2018. Elle entend mettre fin d’ici 2030 à l’importation de produits forestiers ou agricoles produits de manière non durable et qui contribuent à la déforestation des trois quarts des forêts tropicales. En novembre 2021, la Commission Européenne a proposé de nouvelles régulations visant à interdire l’entrée sur le territoire européens de produits directement issus de la déforestation. Des démarches nécessaires, tant la déforestation importée contribue de manière dramatique à l’augmentation de l’empreinte environnementale des pays qui se procurent des produits issus de terres déboisées.

Une déforestation importée qui ne se limite pas aux forêts

Aujourd'hui, les écosystèmes forestiers ne sont pas les seuls à être menacés par l’importation de produits issus du déboisement

En effet, savanes, plaines ou encore zones humides (tourbières, mangroves etc.) subissent aussi de plein fouet les dégâts engendrés par la déforestation importée, en témoigne un rapport accablant publié par WWFen janvier 2022. 

En 20 ans, 50% des savanes et des prairies auraient en effet déjà disparu au profit de terres agricoles, alors même que leur capacité de stockage carbone est deux fois supérieure aux forêts tropicales. C’est le cas notamment des Grandes Plaines aux États-Unis, dont 9 % a aujourd’hui été détruit

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Quant aux mangroves, un tiers d’entre elles aurait disparu en 20 ans. En Asie du Sud et du Sud-Est, on compte 13 % d’écosystèmes de mangroves ayant disparu depuis 1990. Une déforestation due à la culture de crevettes, à la mise en place de cultures agricoles ou encore l'urbanisation

Concernant les tourbières, 15 % ont également été détruites ou dégradées ces 20 dernières années, un phénomène de destruction responsable de 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.  

Une réalité qui confirme la nécessité de conserver et de préserver un éventail bien plus large d’écosystèmes à travers le monde que les simples couverts forestiers. Pour y parvenir, Reforest’Action finance d’ailleurs plusieurs projets de restauration de mangroves, comme à Fatick au Sénégal ou sur l’île de Sumatra, ou encore de lutte contre la désertification des plaines en Chine

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