08/06/2021 - Anne-Lise de Reforest'Action
De septembre 2018 à octobre 2019, un premier volet de ce projet de reboisement en Haïti a été financé par Reforest’Action et conduit par notre partenaire technique OJUCAH. Suite au succès de cette première opération, le projet reprend en 2021 dans une nouvelle dimension. Si l’un des objectifs est toujours de développer l’agroforesterie familiale autour de la ville de Lavial, au sud du pays, le projet se double à présent de l’ambition de restaurer également les forêts de la région, fortement touchées par la déforestation et l’ouragan Matthew de 2016. Un total de 200 000 arbres seront plantés dans le courant de l’année 2021, portant à 400 000 le nombre d’arbres d’essences variées financés via Reforest’Action à Lavial depuis 2018.

Développer l’agroforesterie et restaurer les forêts : une double ambition complémentaire
Amorcé au début de l’année 2021, le deuxième volet du projet s’inscrit dans le prolongement du premier, et vise à accompagner les communautés locales dans la mise en place de systèmes agroforestiers durables, grâce à la plantation d’arbres d’essences variées au sein de leurs parcelles cultivées. Parmi elles, des essences fruitières telles que le manguier, le corossolier et l’amandier permettront aux cultivateurs de produire des récoltes de fruits pour leur consommation personnelle ou la vente sur les marchés locaux.
En parallèle, le projet s’augmente cette année d’une dimension de restauration écologique : des essences forestières telles que le cèdre-acajou, le bayahonde ou le chêne seront également plantées au sein de zones déforestées. L’objectif : restaurer progressivement les forêts de La Vallée de Jacmel, dont le recul massif s’explique notamment par la production de charbon de bois qui constitue la première source d’énergie des populations, et par le passage de l’ouragan Matthew en 2016, qui a de surcroît détruit une immense partie des arbres encore sur pied.

Première phase du projet : la mise en place des pépinières
Installées au sein des localités de Terrain Dorsainvil, Grand-Fond, Poly II et Fond-Justine, les quatre pépinières dédiées au projet se caractérisent par leur proximité avec la route, afin de réduire la distance sur laquelle les plants seront transportés, ainsi que par la disponibilité continue de la ressource en eau, cruciale pour la bonne croissance des semis en pépinières. Au cours du mois de février 2021, leur construction, réalisée à partir de matériaux locaux, a employé une vingtaine de personnes.
En parallèle, notre partenaire technique OJUCAH a procédé au recrutement de huit pépiniéristes dotés de solides connaissances techniques afin d’assurer leur capacité à anticiper et à prévenir les aléas climatiques susceptibles d’affecter les plants au sein des pépinières. Ces derniers seront supervisés par un ingénieur agronome, un poste nouvellement créé dans le cadre du projet, notamment grâce à la montée en compétences d’OJUCAH en matière de développement de projets de reboisement.
Ces pépinières accueillent d’ores et déjà des semis d’une multitude d’essences d’arbres, parmi lesquelles le casuarina, l’amandier, le manguier, le corossol et le gluricidia. Lorsqu’elles seront parvenues à maturité, les jeunes pousses seront alors transplantées sur le terrain, au sein des champs des agriculteurs ou des parcelles déforestées, à partir de l’été 2021.
Tout au long de la conduite du projet, les activités sur le terrain seront menées de concert avec les communautés locales afin de les intégrer pleinement au projet et de les former aux bénéfices des forêts. Une formation continue des familles bénéficiaires sera déployée afin de les initier à l’agroforesterie. En parallèle, en partenariat avec La Croix Rouge Néerlandaise et Haïtienne, des formations seront également organisées en faveur des membres de notre partenaire OJUCAH sur des thématiques de suivi et d’évaluation du projet.

De nombreux bénéfices attendus pour les communautés locales
Les systèmes agroforestiers et les forêts restaurées grâce au projet délivreront de nombreux bénéfices environnementaux et socio-économiques au fil du temps :
- Les arbres plantés lutteront contre le réchauffement climatique à l’échelle globale grâce au carbone stocké sous forme de bois. Les forêts restaurées réguleront la température à l’échelle locale et génèreront des pluies qui profiteront aux cultures de zones agricoles du sud d’Haïti.
- En restaurant des parcelles de forêts, les plantations permettront de développer la biodiversité érodée de la région. Une faune sauvage accrue pourra trouver à nouveau abri au sein de ces écosystèmes.
- La plantation d’arbres en agroforesterie permettra de protéger les cultures vivrières sous-jacentes d’un trop fort ensoleillement ou de précipitations abondantes en créant de l’ombrage pendant la saison sèche et un couvert protecteur pendant la saison des pluies.
- Les arbres plantés dans les champs des producteurs locaux leur permettront d’en récolter les fruits pour améliorer leur sécurité alimentaire ou obtenir un revenu complémentaire grâce à leur vente.
- Gérés durablement par les communautés locales, les arbres plantés en agroforesterie permettront à terme de produire du bois pour leur usage personnel ou pour la génération de revenus complémentaires grâce à sa vente.
- Les populations locales seront sensibilisées tout au long du projet à la protection de leur environnement et à l’entretien des arbres plantés sur le long terme.

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