27/05/2021 - Anne-Lise de Reforest'Action
Après une première phase de mise en place des pépinières et d’identification des parcelles à reboiser, le projet de reforestation brésilien financé par Reforest’Action et conduit sur le terrain par l’ONG Rioterra s’est poursuivi par la plantation de 250 000 arbres de 34 essences différentes et indigènes, entre décembre 2020 et février 2021, au sein de 5 parcelles déboisées et abandonnées au sein de la réserve protégée de Rio Preto Jacundá.

La première opération de restauration de la végétation indigène en Amazonie
Situé dans l’État du Rondônia, au sud-ouest de l’Amazonie brésilienne, qui s’inscrit dans « l’arc de la déforestation », ces vastes territoires amazoniens où la frontière agricole et la déforestation ont largement progressé au cours des dernières décennies, le projet, fortement innovant, associe les communautés locales de la réserve protégée de Rio Preto Jacundá à la création de forêts comestibles. Nommée « extractiviste », cette réserve est un territoire légalement protégé au Brésil, et forme un écosystème continu, essentiel à la conservation de la biodiversité locale, des sols, du cycle de l’eau et du stockage du carbone. Elle a pour objectif de préserver les moyens de subsistance et la culture des populations traditionnelles qui y vivent, en leur garantissant, gratuitement et pour une durée illimitée, un accès aux ressources naturelles de ces espaces. En retour, ces populations s’engagent à une utilisation durable des ressources naturelles à leur disposition.
Au sein de la réserve de Rio Preto Jacundá, des parcelles ont été historiquement déforestées pour y instaurer des pâturages conventionnels, au détriment des populations traditionnelles locales. Fortement dégradés, ces pâturages ont été reboisés grâce au projet. Les forêts comestibles créées sont ainsi rendues aux populations traditionnelles, qui vivent depuis des générations au sein de la réserve.
Ce projet de restauration de la réserve de Rio Preto Jacundá, conduit sur le terrain par l’ONG Rioterra et financé par Reforest’Action est la première opération de récupération à grande échelle de la végétation indigène au sein de zones dégradées en région amazonienne, et servira ainsi de prototype pour le déploiement de futures opérations semblables au sein de la forêt amazonienne.

250 000 arbres de 34 essences différentes
Entre décembre 2020 et février 2021, notre porteur de projet sur le terrain, l’ONG Rioterra, s’est affairé au transport des jeunes pousses produites en pépinières jusqu’aux zones de plantation au sein de la réserve de Rio Preto Jacundá, puis à leur plantation sur le terrain. En parallèle, des actions de formation et de sensibilisation des populations traditionnelles de la réserve ont été conduites afin de les associer pleinement au projet dont elles seront les bénéficiaires. Au total, 250 000 arbres de 34 essences indigènes différentes ont pris racine au sein de cinq parcelles déboisées et abandonnées, sur environ 165 hectares, selon un schéma de plantation qui inclut une culture principale en strate basse, composée par exemple de pupunha, d’açaï ou de cupuaçu, dont la production de fruits sera utilisée pour la consommation locale des populations traditionnelles ou la vente sur les marchés locaux, et un couvert végétal en strate haute, composé d’essences forestières endémiques telles que le cedrela fissilis, l’amburana acrana, le courbaril, l’itaúba ou l’angélique rouge
Les bénéfices du projet pour l’environnement et les populations
Les prochains mois seront consacrés au suivi et à l'entretien des arbres plantés par notre partenaire Rioterra afin d’assurer leur bonne croissance. Ce projet de restauration écosystémique en région amazonienne induira, sur le long terme, d’importants bénéfices pour l’environnement et les populations :
- Des bénéfices environnementaux, comme le rétablissement des services écosystémiques tels que la conservation des ressources en eau, la régulation du climat et la pollinisation ;
- Des bénéfices économiques, comme la contribution à la sécurité alimentaire des communautés locales et à la valorisation de l’agro-industrie locale grâce aux nombreuses essences d’arbres plantées ;
- Des bénéfices sociaux, comme la création d'emplois et de revenus notamment via inclusion des femmes et des jeunes dans le processus de restauration.


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