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Au rythme et aux financements actuels, il ne sera possible d’intervenir que sur 8 à 12 % de la superficie métropolitaine des forêts d’ici 2050. Le Haut conseil pour le climat tire ainsi la sonnette d’alarme dans son rapport annuel 2022 intitulé « Dépasser les constats, mettre en œuvre les solutions », alors qu’il dresse aussi un sévère état des lieux des impacts du changement climatique en France. Il faut donc agir vite en France, mais aussi dans le monde - comme l’a aussi souligné l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans son rapport annuel 2022.

11/10/2022 - Violaine de Reforest'Action


Catégorie: 

FAO - déboisement - dégradation des forêts - écosystème forestier - services écosystémiques - restauration du paysage forestier - résilience des forêts - agroforesterie - investissement - exploitant agricole - communauté locale - peuples autochtones - droit foncier - révolution verte - net zero - bioéconomie circulaire

Dans son rapport annuel 2022 : « La Situation des forêts du monde 2022. Des solutions forestières pour une relance verte et des économies inclusives, résilientes et durables », la FAO déplore le fait que les forêts ne reçoivent à ce jour qu’environ 2% du financement dédié à l’action climatique. Elles constituent pourtant le premier puits de carbone terrestre - hors océans. Elles abritent aussi 80% de la biodiversité.

De façon notable, l’organisation internationale considère que le secteur privé représente une source importante de financement pour le secteur des forêts - en particulier pour les solutions portant sur la restauration ou l’utilisation durable. Il faudrait, selon elle, développer des portefeuilles de projets capables d’attirer des investissements de différentes natures. 

La nécessité d’augmenter les financements

Au plan mondial, les investissements en matière de projets forestiers sont très en-deçà du niveau requis. En effet, selon le rapport 2022 de la FAO, il faudrait que le financement total des solutions forestières soit multiplié par trois d’ici à 2030 et par quatre d’ici à 2050, si l’on veut que les objectifs mondiaux en matière de climat, de biodiversité et de lutte contre la dégradation des terres soient atteints. De plus, il faudrait que les financements consacrés à la gestion et à la création de forêts s’élèvent à eux seuls à 203 milliards d’USD par an d’ici à 2050. 

 

 

La nécessité pour les entreprises d’agir afin d’assurer leur rentabilité, voire leur survie à long terme

Selon le World Economic Forum (WEF), 50% du PIB mondial dépend de la nature et de ses services écosystémiques. Ces derniers apportent de nombreuses ressources aux entreprises - notamment pour produire des biens et services. Leur dégradation les expose à de nombreux risques tels que la diminution des matières premières ou de la baisse de leur qualité, l’augmentation de leurs coûts, la détérioration des chaînes d’approvisionnement, ou encore la perturbation des activités de l’entreprise par exemple.

Les entreprises peuvent aussi exercer des pressions responsables de la dégradation des milieux naturels - que ce soit directement au travers de leurs propres opérations ou au travers des activités en amont ou en aval de leur chaîne de valeur. Les entreprises ont donc non seulement intérêt à agir, mais surtout le devoir d’agir.

Les actions prioritaires

Dans son rapport, la FAO met en avant trois solutions :

1° L’arrêt de la déforestation et la restauration des terres dégradées :

L’arrêt de la déforestation engendre divers bénéfices. Elle permettrait en particulier d’éviter l’émission de 3,6 +/- 2 gigatonnes d’équivalent dioxyde de carbone par an entre 2020 et 2050. En outre, plus de la moitié de la biodiversité terrestre serait aussi préservée.

Au niveau mondial, on estime que 2,2 milliards d’hectares de terres dégradées pourraient être restaurées. Selon la FAO, la remise en état de terres dégradées au moyen du boisement ou du reboisement pourrait permettre de prélever dans l’atmosphère, avec un bon rapport coût-efficacité, 0,9 à 1,5 Gt éqCO2 par an sur la période 2020-2050. Cela permettrait également d’améliorer la fourniture de services écosystémiques. Une méta-analyse a abouti à la conclusion que la restauration augmentait la biodiversité et l’apport de services écosystémiques de 44 et 25 pour cent en moyenne, respectivement, par rapport aux niveaux constatés dans les systèmes dégradés. La remise en état, d’ici à 2030, de 350 millions d’hectares de terres déboisées ou dégradées pourrait apporter un bénéfice net de 700 à 9 000 milliards d’USD, et de 7 à 30 USD pour chaque dollar investi.

2° L’expansion de l’agroforesterie :

La FAO encourage le développement de l’agroforesterie. En effet, les systèmes agroforestiers résistent en général mieux que l’agriculture classique aux chocs environnementaux et aux effets du changement climatique. Ils peuvent aussi présenter une biodiversité équivalente à 50 voire 80% de celle des forêts naturelles - selon le système et les conditions locales. Ils permettent aussi d’accroître la sécurité alimentaire et la nutrition car ils offrent un filet de sécurité. Ils permettent une augmentation de la productivité des cultures. Les investissements dans la restauration, bien planifiés et convenablement exécutés, se traduisent par un avantage économique net.

L'organisation internationale souligne ainsi la nécessité de proposer des mesures d’incitation et d’effectuer des investissements stratégiques en vue de réaliser les objectifs de restauration et d’amélioration de la production à plus grande échelle.

3° L’utilisation durable des forêts et la création de chaînes de valeur respectueuses de l’environnement :

De telles créations de chaînes de valeur permettraient de soutenir la durabilité des économies grâce à de meilleures perspectives d’emplois et des moyens de subsistance davantage assurés. Les sociétés pourraient faire un meilleur usage des forêts et des arbres en vue non seulement de préserver la biodiversité mais aussi de mieux assurer le bien-être humain et de dégager des revenus, en particulier chez les populations rurales. Selon la FAO, les petits exploitants, les communautés locales et les peuples autochtones auront un rôle crucial à jouer dans le développement des solutions forestières à une échelle plus grande.

 

 


Références :

Haut Conseil pour le Climat, « Dépasser les constats, mettre en œuvre les solutions », rapport 2022.

Rapport La Situation des forêts du monde 2022. Des solutions forestières pour une relance verte et des économies inclusives, résilientes et durables. Rome, FAO.

 

Crédit photo : pexels-anna-wadarczyk

 

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