15/02/2011 - Nicolas de Reforest'Action

Mamadou est paysan, mais aussi relais technique pour le projet EESF (Energie, Eau Solidarité de Foundiougne), conducteur du forage, maçon plombier du forage et secrétaire du groupement Retour Vers l’Agriculture (REVA). Il cumule les mandats avant tout par passion et par engagement pour dynamiser son village, le sortir de la pauvreté et permettre aux jeunes de rester ici. Mais cette polyvalence lui assure aussi des revenus tout au long de l’année. « L’agroforesterie c’est comme moi. Une même parcelle peut cumuler les productions. Associer des cultures annuelles avec des arbres productifs nous permet de diversifier et de renforcer nos revenus », nous dit Mamadou très simplement. Lui et plusieurs paysans du village valorisent leurs champs en agroforesterie, avec un système Arachide / Mangues / Jatropha. 
« Le projet de reforestation nous permet de tester des systèmes innovants pour améliorer nos revenus ». Le président de la Fédération (village de Félane) complète : « l’agroforesterie est notre moyen pour pouvoir reboiser le terroir. En plus, cela attire les jeunes qui voient l’intérêt des fruitiers ». Depuis quelques années les paysans du village comprennent que l’arboriculture est une excellente chose. Plusieurs raisons : d’abord, les arbres apportent des revenus dans la période sèche et lors de la soudure (période très difficile dans les campagnes qui correspond au moment où les réserves alimentaires se tarissent alors que les travaux dans les champs battent leur plein). Par exemple, les manguiers plantés au milieu des arachides produisent à partir de mars jusqu’à la fin de l’hivernage (octobre). Les familles peuvent donc avoir des revenus pendant la soudure. Et vendre quelques mangues pour pouvoir acheter un peu de riz, cela permet d’éviter beaucoup de souffrance dans les familles. Et puis « l’arachide ne paie plus » nous disent unanimement les paysans du village de Diaglé. En effet la région (bassin arachidier) est très spécialisée dans la production d’arachides, qui aujourd’hui n’arrive plus à résoudre les problèmes financiers des paysans. A la dernière récolte, 2 millions de tonnes d’arachides ont été produites. Mais seules 350 000 tonnes pourront être transformées… Les prix chutent, les paysans n’arrivent plus à en vivre. Diversifier progressivement leurs productions agricoles est donc devenu une nécessité, à condition bien sûr qu’il existe des débouchés. C’est précisément les objectifs du projet : apporter des revenus supplémentaires aux paysans avec des produits forestiers en améliorant les filières économiques durables. « Les villageois les plus aisés sont ceux qui ont des arbres et des vergers » nous rappelle Mamadou Senghor. Enfin les paysans constatent que l’agroforesterie maintient les terres. Ce qui est bon pour des parcelles fatiguées par la culture d’arachide. Mamadou Senghor est un convaincu de l’agroforesterie. Il prêche la bonne parole auprès de tous les paysans du village : « Je vais dans les plantations pour conseiller les paysans sur l’itinéraire technique. Le technicien du projet m’a formé. Maintenant mon rôle c’est d’apporter l’information à la base, directement aux paysans ».

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