21/04/2022 - Hélène de Reforest'Action
Répartie au sein de 9 pays d’Amérique du Sud, la forêt amazonienne recouvre le tiers oriental de l’Équateur, région appelée Oriente. Mais en dépit des ressources précieuses qu’elle offre aux Équatoriens (bois, fruits, plantes médicinales, éco-tourisme etc.), la forêt se trouve au centre d’importants conflits qui concernent les acteurs miniers et pétroliers, nourrissant des tensions entre le gouvernement et les peuples autochtones qui l’habitent.

Agir ensemble contre la déforestation
Préserver et contribuer à restaurer les parties dégradées de cet écosystème unique est une urgence absolue, alors que la déforestation de l’Amazonie s’accélère et a atteint une superficie record en 2021 depuis plus d’une décennie. En Amazonie, ce sont près de 42 510 000 km2 de forêts qui disparaissent chaque année, notamment au profit de l’extension de terres agricoles.
En Équateur, la forêt amazonienne abrite des écosystèmes variés (mangroves, forêts nuageuses etc.), foyers d’une biodiversité unique (puma, singe hurleur, ours à lunettes, jaguar…), dont 20 % de la diversité aviaire mondiale. Malheureusement, celle-ci est menacée par les exploitations pétrolière et minière qui, depuis des décennies, contaminent l’eau, participent à la destruction du couvert forestier, polluent les sols, portent atteinte à la santé des populations et mettent en péril le mode de vie des communautés indigènes.
Dans le sillage d’une rencontre à l’automne 2021 entre Son Altesse Royale le Prince Charles et des représentants de peuples autochtones équatoriens lors de la COP 26, le Prince a souhaité envoyer une délégation de la CBA en Équateur. Stéphane Hallaire et Marc Palahi se sont ainsi rendu sur place, afin explorer d’éventuelles pistes de collaboration autour de projets de restauration d’écosystèmes forestiers.
Une dynamique globale
Rejointe début 2021 par Reforest’Action, la CBA s’engage pour l’instauration de nouveaux modèles économiques innovants et vertueux, fondés sur le respect du vivant. C’est pour renforcer leur engagement en faveur de solutions durables, pallier l’urgence climatique et l’érosion de la biodiversité en Amazonie que la délégation de la CBA s’est d’abord rendue à Puyo, capitale de la province de Pastaza, pour rencontrer les membres de la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONFINIAE).
Le 7 mars, les structures représentantes des populations autochtones, dont la CONFINIAE et la Coordination des organisations autochtones du bassin de l’Amazone (COICA), organisaient une rencontre entre différentes parties prenantes, dans l’optique de permettre à Reforest’Action de déployer, dans le cadre de la CBA, des projets de restauration et d’agroforesterie avec les populations locales et le soutien technique d’organisations de terrain telles que l’ONG Pachamama.
Pour mieux cerner les enjeux économiques et sociaux qui entourent la forêt amazonienne, Stéphane Hallaire et Marc Palahi ont ensuite vécu pendant plusieurs jours au plus près des peuples autochtones, au sein du village de Sharamensa, à la frontière avec le Pérou.
« Les peuples autochtones vivent, se soignent, se nourrissent uniquement grâce à la forêt, a pu observer Stéphane Hallaire. Ils embrassent toute sa complexité et vivent à son rythme, à l’opposé des modes de vie occidentaux que nous connaissons. Aujourd’hui, nous devons leur permettre de continuer à vivre dans cet écosystème extrêmement précieux et de le préserver. Désormais, il nous faut initier des projets d’envergure en collaboration avec ces communautés, qui sont garantes d’un savoir-faire unique et inestimable ».

Dans cette même veine, la délégation de la CBA a également participé à un évènement organisé par la COICA à Quito le 14 mars. Cette manifestation a rassemblé les groupes ethniques amérindiens des neufs pays du bassin amazonien, dont la CONFINIAE.
Initier des compromis autour des enjeux forestiers
Suite à leur séjour dans la forêt amazonienne, Marc Palahi et Stéphane Hallaire se sont tournés vers la capitale Quito pour rencontrer d’autres parties prenantes de la protection de la forêt primaire en Équateur. Ils s’y sont entretenus avec des membres de l’actuel gouvernement, dont le Ministre de l’Environnement, de l’Eau et de la Transition écologique, M. Gustavo Manrique, ainsi que le Secrétaire du ministère des affaires étrangères, avant de se rendre à l’Ambassade de France. Lors de ce déplacement, ils ont également rencontré des représentants de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et de l’Agence Française du Développement (AFD). « À terme, nous souhaitons contribuer à initier des groupes de travail entre le ministère et les communautés autochtones pour donner vie à une approche commune, propice au développement de projets de restauration et d’agroforesterie au sein de l’Amazonie équatorienne », précise Stéphane Hallaire.
Désormais, Reforest’Action et la CBA espèrent une issue favorable à ces échanges, pour pouvoir travailler aux côtés des communautés autochtones et du gouvernement équatorien à la préservation de la forêt amazonienne.

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