15/09/2021 - Nicolas de Reforest'Action
L’UICN organisait du 3 au 11 septembre dernier son congrès mondial à Marseille. En amont des COP Climat et Biodiversité, cet évènement international incontournable a rassemblé des milliers d’acteurs de la préservation de la nature. Présente deux jours sur place, l’équipe de Reforest’Action a contribué au dialogue global sur la restauration des forêts.
Rendez-vous international majeur de la sphère environnementale, le Congrès de l’UCIN rassemble tous les 4 ans des leaders et décisionnaires œuvrant en faveur de la protection de la nature au sein de gouvernements, de la société civile, de centres de recherche, d’entreprises ou encore de communautés autochtones. Quelques mois après le Global Forest Summit co-organisé par Reforest’Action et l’Institut Open Diplomacy, le Congrès de l’UICN précédait deux autres points d’orgue à venir de l’agenda environnemental mondial : la COP 26 sur le Climat et la COP 15 sur la Biodiversité.

Tables-rondes sur la reforestation mondiale et les plantations en France
Les enjeux de préservation et de conservation des écosystèmes ont naturellement tenu une place centrale à Marseille. Parallèlement, enjeu tout aussi essentiel et complémentaire, le sujet de la restauration a été largement mis à l’honneur. Alors que s’est ouverte en juin dernier la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes, Reforest’Action a participé à deux tables-rondes sur le sujet co-organisées avec notre partenaire France Nature Environnement. Président de Reforest’Action, Stéphane Hallaire s’est notamment exprimé sur les enjeux de la reforestation internationale, qu’il souhaite de qualité et au service de forêts multifonctionnelles. « Face aux défis environnementaux qui s’accentuent, il faut apprendre à vivre avec le risque d’aléas naturels et adapter les projets de restauration de forêts avec les partenaires locaux », a-t-il expliqué.
Aspirant à créer une génération d’entrepreneurs de la reforestation, Stéphane Hallaire a souligné l’importance majeure des financements privés pour mener à bien la restauration forestière mondiale au cours des 10 prochaines années. « Selon le PNUE et le Forum Economique Mondial, il faut investir 4700 MDS $ d’ici 2050 dans l'afforestation et la reforestation, soit 50% des fonds nécessaires aux Solutions fondées sur la Nature. L’objectif à cette échéance est que 85% de financements émanent de fonds privés et 15% du public. Les acteurs publics doivent donc créer les conditions favorisant ces financements », a précisé Stéphane Hallaire. Toujours aux côtés de FNE, Thibaud Poulain, Responsable des projets forestiers en zone tempérée a pris part à une deuxième table-ronde sur les plantations d’arbres en forêts françaises en temps de changement climatique. « Notre action de reboisement, par plantation et régénération naturelle, s’appuie sur la diversité des essences pour favoriser la résistance des forêts aux aléas et développer les services écosystémiques », a-t-il expliqué.

Dialogue avec les acteurs majeurs de la restauration des paysages forestiers
Parmi les autres temps forts dédiés à la restauration des forêts lors du Congrès, une session consacrée à l’accélération du Bonn Challenge a vu plusieurs ministres de l’environnement notamment du Belize, du Chili ou encore du Honduras annoncer la restauration de millions d’hectares de forêts ces prochaines années. Reforestation qui devra, pour être efficace et pérenne, suivre l’esprit de plusieurs séries de recommandations publiées en 2021, à l’instar des 10 principes de la Décennie de l’ONU pour la restauration des écosystèmes ou encore des 10 règles d’or du Kew Garden sur la reforestation.
Lors d’une autre session qui mettait à l’honneur The Restoration Initiative impulsée par l’UICN, Carlos Manuel Rodriguez, Président du Fonds Mondial pour l’Environnement a rappelé combien « protéger et restaurer la nature n’est pas un fardeau pour l’économie » et « qu’au contraire, ça la stimule ». Et Malik Amin Aslam Khan, Ministre pakistanais du changement climatique, de poursuivre « investissez dans la nature, elle vous le rendra toujours » tout en soulignant qu’en matière de reforestation « la régénération naturelle assistée peut permettre de réduire de 40% les coûts d’un projet comparé à une plantation ».
Enfin, lors de cette même session, Christophe Besacier, coordinateur du Forest and Landscape Restoration Mechanism au sein de la FAO, et Daniel Vallauri, à la tête du programme Forêt du WWF France, à l’occasion d’une autre session, ont tout deux mis en lumière, via des études de cas des leçons apprises et bonnes pratiques en matière de restauration des paysages forestiers. A l’issue de ces différentes sessions, Reforest’Action a eu l’occasion d’étendre, avec certains de leurs intervenants, son dialogue international et d’enrichir son partage d’expériences en faveur d’un reboisement mondial de qualité et à grande échelle.

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