12/08/2021 - Anne-Lise de Reforest'Action
Au sein de l’Eastern Cap, en Afrique du Sud, la désertification des terres est causée par la pression croissante du bétail sur les pâturages. Aujourd’hui, la raréfaction du couvert végétal et la dégradation des terres des fermiers locaux et des réserves environnantes provoquent de nombreux effets néfastes pour l’environnement, tels que le tarissement des ressources en eau, l’érosion de la biodiversité et l’érosion des sols. Dans ce contexte, Reforest’Action s’allie à C4 EcoSolutions et AfriCarbon, deux entreprises sud-africaines, pour restaurer ces écosystèmes par la plantation de 500 000 arbres d’une essence locale essentielle au bon fonctionnement écologique de la région.
Une espèce clé de voûte pour restaurer des écosystèmes fortement dégradés
Financé par Reforest’Action depuis 2021 et conduit sur le terrain par deux entreprises sud-africaines, le projet de reboisement s’attache à restaurer des zones anciennement utilisées par les agriculteurs locaux comme pâturages pour leurs élevages de chèvres. Aujourd’hui dénuées de végétation et fortement dégradées, elles ont été rattachées aux réserves protégées de Kuzuko et Koedoeskloof. L’objectif est de repeupler ces zones de Portulacaria afra, une essence d’arbre connue sous le nom de Spekboom et essentielle au fonctionnement écologique de l’écosystème.
Espèce clé de voûte, la disparition du Spekboom au sein de ces zones a entraîné la disparation d’un cortège d’espèces végétales et animales qui en dépendaient directement ou indirectement pour se développer. A l’image de la pièce architecturale, cette essence d’arbre porte ainsi tout un écosystème qui risque de s’effondrer si elle est définitivement supprimée. Au sein de la région concernée par le projet, la raréfaction du Spekboom entraîne aujourd’hui la désertification des terres, le tarissement des ressources en eau et l’érosion de la biodiversité de la faune et de la flore. Il est donc essentiel de replanter cette essence pour obtenir le retour de la biodiversité, l’amélioration de l’infiltration des eaux de pluie et la restauration des sols arables.
Et ce pari porte ses fruits : au sein des 200 hectares de la réserve de Kuzuko déjà reboisés par C4 EcoSolutions et AfriCarbon entre 2010 et 2015, des populations d’éléphants, de rhinocéros noirs, de zèbres et de buffles du Cap ont pu être à nouveau observées après de longues années de disparition. Une biodiversité unique et rare dont le retour au sein des parcelles financées par Reforest’Action est également espéré d’ici quelques mois.

Un projet à grande échelle : 500 000 arbres plantés dès la première année
Pour cette première saison de plantation financée par Reforest’Action, le projet a permis la plantation de 500 000 pousses de Spekboom sur une superficie totale de 200 hectares au sein de trois fermes (Koedoes Poort, Rudman et Steenbokvlakte) de la région de Sunday’s River Valley, à proximité immédiate des réserves protégées de Kuzuko et Koedoeskloof.
Sur le terrain, les boutures sont plantées à environ 2 mètres d’intervalle et selon une disposition aléatoire. La proximité d’aires protégées facilite la circulation d’essences végétales variées et leur régénération naturelle au sein des zones de plantation, où elles trouvent les conditions propices pour se développer en complément du Spekboom. En raison de l'étendue de la dégradation de l'écosystème, le plus grand défi pour notre partenaire local est de trouver des vestiges intacts de fourrés de Spekboom constitués de plants assez robustes pour fournir des boutures suffisamment grandes pour être replantées.

Une gestion scientifique solide du projet au service du monitoring des arbres plantés
Conduit scientifiquement par le fondateur de C4 EcoSolutions et AfriCarbon, Anthony Mills, géochimiste et expert en projets de développement environnementaux, le projet permet également de collecter de nombreuses données scientifiques et de tester de nouvelles méthodes et approches de la reforestation. L’usage d’un drone par les équipes terrain permet de construire des orthomosaïques utilisées pour comptabiliser précisément le nombre de boutures plantées, leur densité et la superficie de chaque site reboisé. Un protocole de contrôle du bon développement des racines au niveau des arbres plantés est également mené sur la base d’un échantillonnage représentatif recevant un score d’enracinement sur une échelle qualitative de 1 à 10, afin d’évaluer le taux de reprise et d’organiser les travaux d’entretien.

Intégration et formation des communautés locales
En parallèle de ces travaux multiples et ambitieux, notre partenaire technique propose des formations aux agriculteurs locaux afin de leur permettre de développer un élevage respectueux de l’environnement et des écosystèmes restaurés. Le projet permet également de créer de nombreux emplois au sein des communautés de la région, touchées par un taux de chômage de 40%.

Apportez votre contribution au projet en finançant des arbres.



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