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Si la prise de conscience des enjeux environnementaux s’accroît dans les entreprises, l’enjeu majeur relatif à la biodiversité est encore trop peu identifié. Elle est pourtant une véritable assurance-vie pour nous tous, et pour les entreprises aussi.

28/05/2020 -


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biodiversité - Entreprises - RSE

Si la prise de conscience des enjeux environnementaux s’accroît dans les entreprises, l’enjeu majeur relatif à la biodiversité est encore trop peu identifié. Elle est pourtant une véritable assurance-vie pour nous tous, et pour les entreprises aussi.

 

Sans biodiversité, il ne peut y avoir de société humaine, ni d’économie, ni d’entreprise. Or nous sommes en train de vivre un déclin de la biodiversité sans précédent dans l’histoire de l’humanité qui fragilise les fondements même de notre existence et de nos sociétés. Selon un rapport de l’ONU sur la biodiversité1, un million d’espèces animales et végétales (sur les quelques 8 millions estimées) sont menacées d’extinction dans les décennies à venir. Un taux d’extinction sans précédent qui s’accélère. Directement concernées - en tant que responsables et que bénéficiaires -, les entreprises ont un rôle majeur à jouer dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité. 

 

La biodiversité, une assurance vie …

La biodiversité (contraction de « diversité biologique »), c’est la diversité des espèces vivantes de notre planète : végétaux, animaux (petits et grands), champignons, bactéries qui forment avec leur environnement des écosystèmes dans lesquels ils sont interdépendants et en coévolution. Cela signifie que si certains composants de ce tissu vivant disparaissent (qu’il soit végétal, animal, champignons ou bactéries, …) tout l’écosystème dont il dépend est menacé. Cette diversité du vivant, c’est en somme une assurance vie, car plus la diversité est grande, plus il y a de chance qu’une forme de résistance, de résilience ou d’adaptation émerge. 

  

Mais aussi… une source de richesses considérable !

La biodiversité apporte à l’humanité toutes ses sources de nourriture, mais aussi ses médicaments, ses matériaux tels que le bois (pour se chauffer, cuisiner et aborder la transition écologique), la purification de l’eau et de l’air, la limitation du réchauffement climatique, la pollinisation, la fertilisation des sols, etc. Une chute effrénée de la biodiversité, pour les services qu’elle rend à l’humanité ou pour les ressources qu’elle produit, engendrera des conflits et des déplacements de masse mais aussi un déséquilibre économique sans précédents. 

 

La disparition de nos espèces pourrait entrainer une crise économique majeure. 

Un rapport mondial a évalué pour la première fois le coût économique du déclin de la nature dans 140 pays : si rien n’est fait pour enrayer l’érosion de la biodiversité, cela pourrait coûter au moins 479 milliards de dollars par an au niveau mondial, soit près de dix mille milliards de dollars d'ici 20502. Par ailleurs, le coût de la perte de forêts et des services des écosystèmes relatifs est évalué à 7,5 milliards de dollars par an. En effet, avec des surfaces forestières de plus en plus réduites et des écosystèmes dégradés par divers aléas (sécheresses, tempêtes, maladies, etc), les forêts ne seront plus en mesure de fournir autant de services écosystémiques. C’est donc une crise économique majeure qui risque de voir le jour si le sujet de la biodiversité n’est pas pris en compte au plus vite.

La bonne nouvelle, c’est que l’étude du WWF démontre aussi que si nous agissons dès maintenant au niveau mondial pour réduire notre empreinte écologique et notre impact sur la nature, il est encore possible d’inverser la tendance. 

 

Le rôle des entreprises dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité. 

En puisant dans le patrimoine naturel de notre planète ce dont elles ont besoin pour leurs activités, les entreprises ont largement contribué, le plus souvent sans conscience, à la dégradation de celle-ci. Sans prise de conscience et adaptation rapides, les entreprises seront non seulement sanctionnées par les crises économiques et sociétales inhérentes, mais aussi privées de ressources exploitables nécessaires à leurs activités. Pour leur survie et pour celle de nos sociétés toutes entières, nos entreprises doivent donc impérativement et simultanément s’engager sur deux volets : 

> D’une part, réduire leur empreinte sur les écosystèmes naturels. Il faut pour cela considérer et mesurer l’impact direct de leur activité (construction d’une nouvelle usine sur un terrain en friche par exemple) mai aussi être regardant sur l’impact de leurs parties prenantes auquel elles contribuent indirectement (déforestation importée par exemple). C’est la seule façon d’entrainer une réaction en chaine et d’inciter chacun à repenser son activité vers plus de respect de la nature. 

> D’autre part, contribuer à un effort collectif immense de protection et de développement des « puits de biodiversité » en agissant sur les écosystèmes naturels. Parmi les nombreuses actions qu’elles peuvent mettre en place, soutenir la préservation et la restauration d’écosystèmes forestiers est un choix particulièrement intéressant.

 

Agir dès maintenant pour la biodiversité 

Avec 80% de la biodiversité terrestre qui y est hébergée, la forêt est un véritable trésor en la matière et un des principaux leviers sur lequel agir. Les projets forestiers ont la particularité d’être bénéfiques à la fois pour le climat et pour la biodiversité. La séquestration du carbone dans les sols forestiers a un effet direct sur la régulation du climat mais agit également sur beaucoup d'autres services tels que le maintien de la biodiversité. Chaque projet forestier doit-être abordé en considérant l’aspect biodiversité afin de maintenir et d’enrichir sur la parcelle des éléments servant d’habitats à la faune et à la flore locales. A noter que plus les forêts sont riches en variété d’essences, plus elles favorisent la biodiversité animales et végétales. 

 

En conclusion, pour être pérennes et prospérer les entreprises n’ont d’autres choix que de revoir leurs modèles. Plus que jamais, la capacité des entreprises à combiner performance économique et préservation de l’environnement devient une source d’innovation, de progrès et de compétitivité. L’enjeu se situe dans le changement de regard des entreprises sur leur rôle et la nécessité de se reconnecter au vivant pour l’intégrer à part entière dans leur activité, comme un incontournable. De leur aptitude à se reconnecter à la nature pour mieux la comprendre et la respecter, dépend leur pérennité et celle de nos sociétés toutes entières. 

Gageons qu’il n’y a pas de défis qui ne soient à la portée d’un collectif motivé… 

Alors entreprises, soyez optimistes et dès à présent … engagées !

 

1 Etude de 1 800 pages sur laquelle contribuent 150 experts de 50 pays depuis trois ans.
2 Le rapport “Global Futures”, publié en février 2020 par le WWF en partenariat avec le Global Trade Analysis Project de l'université de Purdue et le Natural Capital Project de l'université du Minnesota.

 

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