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Originaire d’Allemagne, Susanne Braun est propriétaire de forêts en France. Interviewée par Reforest’Action, elle évoque la Régénération Naturelle Assistée et l’importance de la diversification des essences au sein des forêts.

04/10/2022 - Inès de Reforest'Action


Catégorie: 

France - Susanne Braun - Propriétaire Forestière - RNA - réalité du terrain - gestion forestière - secteur forestier - témoignage

 

Quel est votre lien à la forêt ?

J’ai une formation d’ingénieur forestier, et la forêt est pour moi une passion. J’ai toujours connu le milieu forestier, en particulier puisque j’ai grandi à proximité d’une forêt domaniale. Je fais actuellement partie d’Avenir Forêt, un groupement forestier qui a une vision écologique de la gestion forestière. Nous évitons à tout prix les coupes rases, sauf si celles-ci sont essentielles à l’avenir du peuplement, comme c’est le cas lors d’invasions d’insectes ravageurs, qui se propagent trop vite et menacent le massif dans son ensemble. Par ailleurs, en termes de travaux sylvicoles, nous ne privilégions la plantation que lorsque celle-ci est inévitable.

Quelle est votre vision de la gestion forestière ?

Aujourd’hui, les travaux de plantation sont entravés par les sécheresses et la prolifération du gibier. C’est pour cette raison que je privilégie la méthode de la Régénération Naturelle Assistée (RNA), qui s’adapte au fonctionnement naturel des écosystèmes. Cette méthode, moins onéreuse et plus sûre que la plantation, consiste à accompagner la croissance des jeunes arbres déjà présents dans les sous-bois. Sur mes parcelles, les résultats obtenus grâce à la RNA sont très probants : mes forêts sont en meilleure santé et plus résilientes face au réchauffement climatique.

Voyez-vous une évolution dans le secteur forestier ?

Le secteur forestier est très dynamique et ne cesse d’évoluer. Malgré tout, la diversification des essences au sein des forêts n’est pas, à mon sens, encore suffisante, puisqu’elle se limite, le plus souvent, à deux ou trois essences différentes, avec des arbres du même âge. Par ailleurs, la pratique de la coupe rase est encore trop répandue et constitue une catastrophe pour l’écosystème forestier. En parallèle, j’observe la multiplication de grosses machines sylvicoles en Europe, qui facilitent la récolte intensive du bois, nécessaire aux exploitants pour atteindre la rentabilité économique. Cela n’aide pas à faire évoluer la gestion forestière dans le bon sens.

Comment voyez-vous l’avenir du secteur forestier ?

Il faut agir concrètement pour les forêts et écouter ceux qui les connaissent le mieux et qui sont à leur contact. J’aime à dire que « lorsqu’on plante des arbres, c’est qu’on s’est planté ». À mon sens, la meilleure solution est de laisser faire la nature et de l’accompagner si besoin est.

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